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]]>Bingham n’était pas un archéologue, mais il était fasciné par les ruines Inca. Il était passé par le Pérou en 1909, et avait visité le site inca de Choquequirao dans la région de Cusco. Après cette expérience, il est devenu encore plus motivé par l’idée de trouver Vilcabamba, la dernière forteresse et le siège du pouvoir Inca après que les Incas aient été forcés de fuir les conquistadors espagnols. C’est cette quête qui le vit diriger l’expédition de Yale au Pérou en 1911.
Melchor Arteaga, un fermier local, connaissait l’existence d’anciennes ruines à proximité et dit un jour à Bingham qu’il y avait à un endroit appelé « Machu Picchu », qui signifie « vieux pic ». Le 24 juillet, Melchor Arteaga conduisit Bingham dans les montagnes, empruntant un chemin de dangereux qui comprenait un pont instable et des montées abruptes.
Après avoir atteint un village habité par des indiens vivant dans des petites huttes, Bingham fut conduit par un local jusqu’au Machu Picchu.
Le nombre inhabituellement élevé d’habitations en pierre finement construites, la qualité du travail de la pierre et la présence d’édifices magnifiques amenèrent Bingham à croire que le Machu Picchu pourrait s’avérer être, depuis les jours de la conquête espagnole, la plus grande et la plus importante ruine découverte en Amérique du Sud.
Dans un premier temps, Bingham pensa qu’il avait découvert le berceau de l’Empire Inca, la ville mythique de Tampu-tocco. Il basa sa théorie sur un temple avec trois grandes fenêtres dans la mesure où la légende parlait de trois frères qui partirent par trois fenêtres afin de fonder l’Empire Inca.
Il retourna en Amérique avec des nouvelles de la cité perdue et reçut des fonds de la National Geographic Society pour mener des fouilles du Machu Picchu en 1912 et 1915. En 1913, il fut annoncé que la découverte de Machu Picchu était la plus grande découverte archéologique de l’époque et le magazine National Geographic a consacré un numéro entier à la découverte et aux fouilles.
La civilisation Inca remonterait au 12e siècle et trouve ses origines au sud du Pérou, dans la région de Cuzco. Sous la direction de Pachacuti, au début des années 1400, les Incas commencèrent à conquérir d’autres tribus dans la région et à construire un empire s’étendant sur des milliers de kilomètres.
A son apogée, l’empire Inca couvrait environ 750 000 kilomètres carrés et était composé de six à douze millions de personnes. Il s’agissait alors du plus grand empire de toutes les Amériques avant l’arrivée des conquistadors espagnols.
L’Empire Inca est tombé qu XVIe siècle, après avoir été gravement affaibli par une guerre civile entre les frères Atahualpa et Huascar. Atahualpa gagna la guerre, mais il fut ensuite capturé et exécuté par le conquistador espagnol Francisco Pizarro.
Les Espagnols prirent alors le contrôle de l’Empire Inca. Comme il n’y a pas de sources espagnoles relatives au Machu Picchu, il semblerait qu’ils n’étaient pas au courant de son existence ; il est donc difficile pour les archéologues et les historiens de déterminer l’histoire et le but du site.
De nombreux historiens modernes pensent que le Machu Picchu a été construit vers 1450 par Pachacuti comme un lieu retraite pour lui-même et l’élite de la société Inca. Il existe également des preuves que de nombreux non-Incas ont vécu et sont morts au Machu Picchu.
Bingham est communément crédité comme le découvreur du Machu Picchu, mais beaucoup contestent ce titre. Non seulement les gens de la région connaissaient le site, mais il y a des preuves que d’autres explorateurs ont pu le trouver des décennies avant Bingham.
Le gouvernement péruvien a récemment découvert des documents datant des années 1860 qui attestent qu’un Allemand du nom d’Augusto Berns a fait une descente dans les tombes de la ville en 1867. Il y a aussi une lettre manuscrite datant de 1916 indiquant que l’allemand J.M. von Hassel aurait découvert le site en 1909.
Toujours est-il que Bingham a ramené des milliers d’artefacts du Machu Picchu à Yale pour les exposer au Peabody Museum de l’université. Yale a accepté de retourner les artefacts en 2011 à l’état péruvien.
Si vous souhaitez visiter le Machu Picchu, vous pouvez vous rendre sur Machupicchu.fr.
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]]>C’est peut-être la raison pour laquelle de nombreux visiteurs du Machu Picchu font la queue tous les matins de bonne heure pour faire partie des quelque 400 personnes qui sont autorisées à gravir le sommet de plus de 2 700 m. Vers 8 heures du matin, 200 personnes font la randonnée de 50 minutes à 1 heure jusqu’au sommet, puis une autre ronde est autorisée à s’inscrire et à monter avant midi.
La randonnée jusqu’au sommet du Huayna Picchu est d’environ 2 km et a un dénivelé d’environ 0,3 km. Le parcours est assez haut, et des cordes sont nécessaires pour s’équilibrer lorsque vous remontez le sentier étroit et souvent vertigineux. Vous pouvez vous lancer dans la randonnée sur le mont Machu Picchu, le sommet de l’autre côté du site archéologique que l’on peut atteindre par le même chemin qui mène à l’Inti Punku, ou la Porte du Soleil. La randonnée de montagne du Machu Picchu concerne au maximum 400 personnes par jour, mais contrairement à Huayna Picchu, elle atteint rarement ce quota. La moyenne étant de moins de 150 personnes par jour pendant la saison sèche. Vous ne souffrirez donc pas de sentiers bondés.
Le mont Machu Picchu est plus vert que le sentier Huayna Picchu et possède de nombreuses espèces d’orchidées et d’oiseaux sauvages qui mettent en valeur le parcours. Il est plus grand que Huayna Picchu, culminant à 3 080 m. Le sentier gagne deux fois plus d’altitude que Huayna Picchu. Pour cette raison, la montée est plus longue et prendra environ 90 minutes pour arriver jusqu’au sommet.
Le sentier est un exemple remarquable de la façon dont les Incas ont construit et entretenu leur réseau routier. Tous les sentiers des Incas ne sont pas bordés de pierres, seulement quand cela était nécessaire pour éviter les dommages naturels comme les coulées de boue pendant la saison des pluies. Le parcours du mont Machu Picchu est bordé de grosses pierres qui maintiennent le chemin en place depuis un demi-millénaire. Quelques-unes des zones les plus raides sont construites avec des pierres étroites où vous pouvez poser environ la moitié de votre pied. Toutefois, en général, le parcours est plus large que Huayna Picchu. Pas besoin de cordes pour garder l’équilibre.
Bien que le sommet soit physiquement plus difficile à atteindre que Huayna Picchu, le sentier qui remonte le mont Machu Picchu récompense votre effort très tôt. Si vous n’avez pas envie de faire du trekking jusqu’au sommet, vous pouvez faire les premières 30-45 minutes du sentier et arriver à plusieurs plateformes d’observation avec des vues exceptionnelles sur le Machu Picchu et le célèbre sommet Huaynu Picchu.
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]]>Des explorateurs et professeurs d’histoire sud-américaine ont traversé les montagnes péruviennes au début du 20e siècle, pendant le mois le plus humide de l’année (février), rendant leurs voyages difficiles. Néanmoins, leurs articles sur les ruines de Choquequirao ont favorisé un intérêt croissant pour les Incas. Ils revinrent deux années plus tard pour explorer Yale afin de découvrir la rivière Urubamba et ses environs ainsi que la capitale des Incas.
Ce groupe a étudié les œuvres de la Conquête et les dossiers coloniaux, avec l’objectif de comprendre précisément l’histoire de cette région mystérieuse. De même, ils avaient pris conscience d’une étrange ville perdue dans la jungle, mais personne à Cusco n’offrit de crédit à ces hypothèses, car on croyait que la dernière capitale des Incas était Choquequirao. L’exploration s’est déclenchée en suivant le cours de la rivière Urubamba, à la recherche d’une série de ruines le long de la rivière. Courant 1912, le groupe a débarqué à Mandor. Les autochtones évoqueront par la suite deux sites Inca majeurs aux explorateurs : le Machu Picchu et le Wayna Picchu. Les aventuriers ont donc entrepris d’escalader les hauteurs avec un interprète parlant quechua, d’abord en traversant le courant Urubamba, puis ensuite en s’engouffrant dans la végétation dense et épaisse de la jungle.
Après le déjeuner, à environ 700 mètres au-dessus de la rivière, ils tomberont sur une cabane et d’autres camps de fortune. Après une pause, ils continueront de grimper, accompagnés d’un guide et d’un interprète. Au fur et à mesure qu’ils grimpaient, ils découvraient, les yeux ébahis, une série de murs incas soigneusement finis qui étaient couverts de plantes épaisses. Les explorateurs ont continué leur aventure à travers des buissons et des bambous dans une caverne sculptée qui s’avérera être, plus tard, une sépulture royale.
Notre groupe d’explorateurs quittera alors le Pérou, emportant avec lui des découvertes à peine croyables sur le Machu Picchu. Cette découverte a attiré l’attention du monde entier et en particulier des universités et des étudiants d’archéologie, qui ne tarderont pas à participer aux expéditions ultérieures, au milieu des années 1910. Un comptage des os et squelettes découverts dans les différentes cavernes et lieux de sépulture a révélé les restes de 175 personnes, dont plus des trois-quarts étaient des femmes. On parlait alors de « Femmes choisies par le Dieu Soleil ». Les autres individus étaient vraisemblablement des serviteurs, des ouvriers agricoles, des soldats qui étaient enterrés dans des sites plus loin dans la ville. Ces expéditions ultérieures n’ont pas découvert d’or, mais elles ont mis la main sur des objets en bronze, en bois, des os et des pierres. Des céramiques et des articles en métal en également étaient retrouvés.
Il y a un certain débat sur ce que ces explorations ont réellement « dérobé » du Pérou, avec des chiffres et des rapports souvent contradictoires. Le principal rapport du gouvernement fédéral péruvien réalisé en 1917 prétend que les explorateurs ont pris environ 80 boîtes remplies d’os, des momies, des céramiques, des tissus, du métal et des objets en bois, mais aucun produit en argent ou en or. Néanmoins, de nombreux doutes existent, compte tenu de l’ampleur de cette ville inca et de son importance pour la civilisation. Toutes les études s’accordent à dire qu’il était difficile de ne pas découvrir de l’or sur les terres du Machu Picchu, car la cité n’a pas été détruite ou pillée par les Espagnols ou les autochtones.
Situé à près de 2 500 m au-dessus du niveau de la mer et 137 m au-dessus de la rivière Urubamba, le Machu Picchu comprend de nombreux balcons en pierre et de remarquables structures verticales. Le travail de la pierre des Incas est connu dans le monde entier, avec des roches taillées et maillées de telle sorte qu’il est impossible d’insérer la lame d’un couteau entre les pierres des siècles plus tard. La vue la plus impressionnante de ce site est à apprécier du Foyer de la Garde, en regardant vers le bas, avec des sommets de montagne qui montent en flèche tout autour. Construit par l’empereur inca Pacachutec au XVe siècle, le site fut déserté au XVIe siècle et fut promu par l’explorateur américain Hiram Bingham, qui fit un voyage sur place en 1911 et publia des livres et des articles sur ses découvertes. Les théories sur la fonction du site sont nombreuses, allant de l’héritage national à la forteresse, en passant par l’université académique !
Notre toute première hypothèse sur le développement des Incas concerne la théorie du Machu Picchu en tant qu’université. La capitale de la civilisation inca était située à Cuzco, un endroit montagneux du Pérou, à environ 79 km au sud-est du Machu Picchu. L’altitude de Cuzco est de plus de 3 350 m au-dessus du niveau de la mer, sur une zone plus sèche. Le Machu Picchu signe le « déplacement » des Incas des lieux montagneux vers la jungle de l’Amazonie. Les Incas vivaient confortablement dans les environs de Cuzco, mais à mesure que leur Empire s’étendait, ils avaient besoin de découvrir comment grandir sans forcément aller plus loin dans les hauteurs. Le Machu Picchu représentait un point médian entre les lieux de commodité montagneux et les lieux de jungle « flambant neufs » où les Incas allaient rencontrer de nouveaux peuples et cultiver de nouvelles terres. Les hauteurs et le bâtiment en pierre les informaient sur les autres parties de leur Empire.
La plus grande preuve d’un Machu Picchu « université » est la découverte d’une série de plantes et de graines dans ce que l’on imagine être des cultures d’essai dans le château, où les Incas auraient testé des méthodes agricoles avant de les déployer à grande échelle. Le site se composait également de plantes de jungle que les Incas cultivaient sur leurs balcons. Une autre preuve repose sur les différents gadgets retrouvés sur place, comme ceux qui permettent d’identifier l’alternance des cultures agricoles en fonction des mouvements du soleil.
Le Machu Picchu a également été défini comme le maillon fort d’une forteresse, comme la maison des gardes, le mur de pierre et les douves le laisseraient entendre. La Porte du Soleil, point fort du circuit touristique local, est un bastion. Elle s’aligne parfaitement avec la position du soleil au solstice. Parmi les autres routes qui ont donné naissance au site, le Pont Inca offrait une sorte de pont-levis pour l’accès au lieu, avec une plate-forme en bois par opposition à un grand mur rocheux avec une chute de plusieurs mètres.
Le site Inca de Moray, près de Cuzco, est un excellent exemple de l’utilisation par les Incas d’une station de recherche agricole. La murène comporte de nombreuses grandes fosses (la plus grande est à 30 m de profondeur) avec de nombreux balcons circulaires substantiels. Chaque balcon représentait un microclimat et les chercheurs contemporains ont découvert qu’il y a une différence de 2°C entre le balcon principal et le balcon le plus accessible. Divers niveaux d’humidité existent également sur le site, et les scientifiques pensent que les Incas ont utilisé ces balcons pour étudier les impacts de diverses hybridations de plantes afin de voir lesquelles pousseraient dans divers environnements. Le positionnement du site, à 3 500 m au-dessus du niveau de la mer, tire également parti des différentes brises provenant des vallées et des montagnes environnantes.
Pour le professionnel du développement contemporain, la leçon ici est la valeur de l’immersion partielle comme moyen d’établir une toute nouvelle façon de penser. Au lieu de faire quelques voyages exploratoires dans la jungle et d’évaluer les découvertes, les Incas ont choisi de s’installer dans la jungle, mais ils l’ont fait d’une manière qui les a protégés des risques de la jungle. De même, ils ont développé un lieu qui partageait quelques-unes des qualités de leur environnement le plus familier (les montagnes) afin d’avoir un contexte d’analyse de ce qu’ils ont découvert dans la jungle. Un innovateur peut utiliser cette technique. Au lieu de plonger totalement dans un nouveau projet, le créateur pourrait établir une sorte de « maison » à mi-chemin où il ou elle pourrait faire le pont entre la pensée nouvelle et la pensée ancienne. Cela va à l’encontre de la théorie de « l’océan bleu » ou tout naît du néant, mais il pourrait y avoir des cas où le fait de garder les pieds sur terre dans l’ancien monde présente des avantages par rapport à une méthode qui fait table rase du passé.
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